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Après un bref rappel sur la notion de profession et ses incidences sur la formation, Françoise Clerc pose la question « comment analyser la profession enseignante ? » et montre la pertinence d’opérer une approche par l’environnement et les situations de travail, l’organisation même du travail enseignant. La classe :
cœur du système ? La classe apparaît comme le principe structurant de la professionnalité enseignante. Historiquement, la classe est au centre du système, se stabilisant à partir du xvie siècle comme principe d’organisation des groupes d’élèves, principe d’organisation du temps et de l’espace (Cf. le tableau noir et la disposition des tables), l’enseignant, au centre, transmettant le savoir. Différenciation :
en classe ou au dehors ? La première grande contestation de ce modèle vient de la classe coopérative, microsociété qui situe l’enseignant éducateur dans un lieu d’apprentissage actif, de construction de savoir par les élèves.
La deuxième grande contestation émerge dans les années 70, sous la forme de la pédagogie différenciée comme réponse à une double contrainte : faire réussir les élèves tout en les accueillant tous. Il revient au professionnel d’organiser des situations pédagogiques à partir d’un diagnostic (analyse des objectifs et de l’état des ressources des élèves), l’existence de plusieurs groupes de référence rendant nécessaire un suivi des élèves (tutorat). C’est la structure de la classe qui a résisté...
La différenciation externe, sous la forme de dispositifs « d’aide à côté de la classe », se développe depuis 1992, date d’apparition des modules. La diversification actuelle de l’offre éducative crée une situation peu lisible, en termes de limites des champs d’intervention des différents professionnels par exemple, avec des pressions sur les horaires élèves, l’espace, le service des professionnels... Quelles fonctions
pour la classe ? Pour permettre l’émergence d’autres hypothèses pédagogiques, ne faut-il pas remettre en cause la superposition des fonctions de la classe ? Donc réfléchir séparément à trois grandes fonctions qui pourraient donner lieu à d’autres modes d’organisation : la fonction de socialisation des élèves, la fonction pédagogique - la classe dans sa forme actuelle est pédagogiquement inadaptée en ce qu’elle n’est pas subordonnée aux pratiques pédagogiques -, la fonction de base de calcul du service des enseignants qui impose la division du travail (même si des choses sont en train de changer avec les TPE, IDD, etc.). Et Françoise Clerc de conclure : il faut de fait penser à réorganiser autrement ce qui sert de cadre à l’activité pédagogique.
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