Quels avantages offre votre organisation horaire pour les élèves ?
JFB : Pour la partie disciplinaire de notre projet, par exemple, nous avons beaucoup travaillé sur les principes du « temps mobile ». Cela permet de sortir de la rigidité du huit fois une heure (héritage des jésuites au xvie siècle) et de l’ennui qui va croissant au fur et à mesure que les élèves grandissent dans la structure scolaire. Mettre l’emploi du temps au service de la pédagogie et des élèves constitue notre spécificité.
Que répondre à ceux qui voient là beaucoup de travail pour le chef d’établissement ?
JFB : Si l’on est au service de la réussite des élèves, c’est une objection que l’on a du mal à entendre. De plus, la conception de l’emploi du temps n’entraîne pas forcément une surcharge de travail si importante que cela. La planification annuelle de la tranche horaire est préparée par le principal mais la planification mensuelle est faite en collaboration avec les professeurs.
Qu’est-ce que cette expérience a changé pour toi ?
JFB : Je travaille enfin en plein
accord avec mes idéaux, mes valeurs (ah, la coopération, le travail en équipe quel plaisir ! par exemple). Je n’ai plus à assumer des décisions, des choix qui ne me conviennent pas et qui desservent les élèves.
Face au triple enjeu de l’apprentissage de la démocratie, de la prévention de la violence, de la lutte contre contre l’ennui, j’ai l’impression que nos réponses vont dans le bon sens.
Penses-tu que des expériences comme la vôtre pourraient et devraient être généralisées ?
JFB : Dupliquées par ceux qui le souhaitent, oui. Imposées, non !
Qu’attends-tu du Sgen-CFDT après cette expérience ?
JFB : Continuer à trouver au Sgen-CFDT cette accointance idéologique qui nous « booste » et travailler concrètement avec lui sur des pistes nous permettant de fédérer nos actions, les deux structures ayant à y gagner par le développement de projet alternatif au modèle dominant.