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Fédération des syndicats généraux de l'Éducation nationale
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3 juin 2009

Le lycée d’aujourd’hui ne répond pas ou plus à sa mission de démocratisation. Il prépare mal aux études supérieures, il reste bâti sur le principe de sélections d’une élite par la distinction entretenue entre des filières très hiérarchisées (S, ES, L, Technologiques), il laisse les élèves seuls face à des choix d’orientation décisifs pour leur avenir. Les personnels d’enseignement, d’éducation et d’orientation sont aux premières loges pour faire face à ces différentes contradictions, ils prennent le plus souvent sur eux, au risque de la dégradation de leurs conditions de travail pour assurer le fonctionnement minimal de l’institution.

Pour toutes ces raisons le Sgen-CFDT a toujours revendiqué une transformation profonde du lycée et s’est engagé sur les points de convergence de juin 2008 qui pointaient les axes de transformations nécessaires.

La démarche employée par Monsieur Descoings traduisant sa volonté de renouer les fils du dialogue après les épisodes de l’automne était prometteuse, elle débouche cependant sur des propositions décevantes car trop en deçà des attentes. « Le choix de ne rien faire serait explosif » nous dit Richard Descoings. C’est pourtant à cela ou presque qu’il nous invite..

À partir d’un constat souvent juste mais particulièrement amer, il renonce à provoquer un choc et propose toute une série d’évolutions. Mais ses préconisations ont peu de lien entre elles, et les changements nécessaires à leur mise en œuvre sont passés sous silence. Aller au-delà de l’accord de principe nécessiterait un changement de mentalité que Richard Descoings juge par ailleurs impossible. Exit donc la modularisation, la semestrialisation, la construction de son parcours par le lycéen, les alternatives au redoublement... Le maintien en l’état ou presque des voies et filières est significatif de l’état d’esprit du rapport. Les seules pistes pour « revaloriser » la voie technologique concernent la filière STI dont la rénovation est en chantier depuis plusieurs années, et le « rééquilibrage » des filières de la voie générale consiste à durcir l’accès à la série S ou à rajouter des difficultés en série L.

Pas de changements pour le baccalauréat, si ce n’est quelques modifications de coefficients. L’accompagnement tant réclamé par les lycéens est réduit à une orientation classique (fournir un guide et des informations) à laquelle s’ajoute un possible tutorat par des élèves des grandes écoles mais rien n’est dit de l’aide au travail. Cette orientation reste par ailleurs étrangement liée aux performances insuffisantes des élèves. Les propositions concernant les langues vivantes sont celles qui seraient déjà en place si le plan de rénovation de 2005 était autre chose qu’un texte que personne n’applique.

Les seules mesures salutaires touchent à la vie démocratique et à la vie associative des lycéens, mais elles ont peu de chance d’aboutir dans un cadre inchangé.

La mise en œuvre de ces propositions, même modestes, ne pourra être effective si l’évolution du métier enseignant est renvoyée à l’issue d’un énième débat proposé sans pistes de discussions.

Le Sgen-CFDT ne renonce pas à la réforme ambitieuse dont le lycée a besoin, le rapport Descoings n’est pas la base de travail attendue pour réouvrir ce chantier. Un second temps de refondation complète du lycée doit être mis en perspective et des négociations sur le métier enseignant doivent s’ouvrir sur un calendrier précis.



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