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Fédération des syndicats généraux de l'Éducation nationale
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25 juin 2008

Non, il ne s’agit pas de rejouer mai 68 ! Pas question non plus pour le Sgen et la CFDT « d’en finir » avec une période qui a, par exemple, permis la reconnaissance du fait syndical dans les entreprises, mis en avant la question de l’autonomie des élèves dans les démarches d’apprentissage, ou encore donné un sérieux coup d’accélérateur à la cause de l’égalité entre les hommes et les femmes... Pas question cependant de verser dans la nostalgie ou la commémoration, les défis d’aujourd’hui nous demandent aussi énergie et capacité de mobilisation : le mois de mai 2008 est chargé en rendez-vous décisifs.

Premier rendez-vous : la question des retraites. La loi de 2003 a prévu une clause d’examen de la situation en 2008 et les sondages récents qui témoignent de la méfiance croissante des jeunes générations envers l’avenir du système par répartition montrent l’urgence : il faut rapidement crédibiliser notre système de retraites si nous voulons le voir perdurer. C’est le sens de la démarche de la CFDT à l’entrée des négociations. Il s’agit tout à la fois de porter des revendications pour stopper la dégradation du niveau des pensions, d’obtenir le basculement d’une partie des cotisations chômage sur les retraites, d’abonder le fonds de réserve des retraites, et de refuser le passage à 41 annuités tant que les conditions d’emploi des seniors seront celles que nous connaissons aujourd’hui. Il est en effet inutile et socialement inacceptable de retarder cette limite tant que plus de la moitié des salariés l’atteignent en situation de chômage ou en ne supportant plus leur travail. Il faut donc obtenir d’urgence une amélioration des conditions d’emploi des seniors et des conditions de travail, ainsi qu’une véritable possibilité de développer une seconde carrière.

Deuxième rendez-vous : l’avenir de la Fonction publique. Sur fond de Révision générale des politiques publiques (RGPP) qui se présente comme une série d’actions précipitées, menées sans concertation et uniquement guidées par une logique budgétaire voire comptable, le gouvernement a entrepris une vaste réforme de la Fonction publique. D’une part, par la présentation d’un projet de loi sur la mobilité ; le gouvernement s’attaque ainsi à une vraie question qui préoccupe nombre d’agents. Mais à côté de dispositions modestes mais positives pour faciliter la mobilité choisie, le projet de loi comporte surtout le développement de dispositions d’accompagnement de la RGPP. La CFDT ne peut accepter que ces mesures d’accompagnement de l’équivalent d’un plan social, dont l’application peut s’avérer dangereuse pour les agents, aient été préparées en l’absence totale de concertation. Par l’ouverture de négociations sur le développement du dialogue social dans la Fonction publique d’autre part. Le sens de l’humour et le paragraphe précédent pourraient nous conduire à dire qu’il y a du pain sur la planche ! Mais le sujet est sérieux, espérons que sur ces négociations le gouvernement fera la preuve de sa volonté d’aboutir !

Troisième rendez-vous : les mobilisations dans le système éducatif. À l’heure où j’écris ces lignes, 18 organisations de personnels de l’Éducation, de parents d’élèves, de lycéens, d’étudiants, d’associations complémentaires de l’École publique viennent de publier un texte appelant à une mobilisation dès la rentrée des vacances scolaires et à deux journées d’actions nationales et décentralisées le 15 mai et le 24 mai. Cette convergence d’organisations diverses mais qui ont toutes à cœur l’avenir de notre système éducatif doit beaucoup à l’engagement de notre fédération. Elle est révélatrice du refus général de la politique de rigueur pour notre champ professionnel ainsi que des aspects les plus rétrogrades de la politique éducative du gouvernement.Les formes d’actions retenues selon les secteurs géographiques et professionnels seront précisées prochainement.Nous devons toutes et tous faire en sorte que ces journées, véritablement unitaires, soient des réussites.

Pour faire barrage à l’application d’un slogan de campagne électorale « non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite », pour permettre la transformation de l’École qui s’impose pour l’amélioration de nos conditions de travail et la réussite de tous les élèves, c’est en mai 2008 qu’il faut se mobiliser !

Thierry Cadart
le 15 avril 2008



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