Quand les urnes auront parlé...
Dans quelques jours maintenant, nous saurons le résultat des élections municipales et cantonales. Élections locales certes, mais qui auront une signification politique nationale, ne serait-ce que parce que c’est le premier, et le dernier, rendez-vous électoral majeur du quinquennat.
Inutile de faire semblant de l’ignorer, la probabilité est forte que ces élections aient entre autres conséquences un changement de gouvernement.
Pas seulement un changement de personnes mais très certainement une interrogation sur le tempo politique. Au vu des résultats des élections, au vu également de l’impressionnante chute de popularité du président de la République, un réexamen de la politique engagée s’imposera certainement.
Dans quel sens ?
Le gouvernement retrouvera-t-il le chemin du dialogue social, ou accélérera-t-il encore son rythme de réformes au risque de la confusion ?
Le gouvernement acceptera-t-il de reprendre la question de l’évolution de la Fonction publique dans un esprit constructif, au-delà d’une simple vision comptable, ou bien cherchera-t-il à rassembler son électorat « naturel » autour de la chasse aux fonctionnaires ?
Le gouvernement acceptera-t-il de réexaminer sa politique éducative dans ses aspects les plus contestables : suppression de la carte scolaire, suppressions de postes, appel aux heures sup... ? Acceptera-t-il d’ouvrir vraiment la négociation sur l’évaluation de nos métiers et la reconnaissance de toutes les tâches ou fera-t-il le choix de l’immobilisme ?
En clair, fera-t-il le choix de la fuite en avant ou retrouvera-t-il le chemin de l’intérêt général ?
Bien malin qui peut répondre aujourd’hui. Mais, quelle que soit l’option retenue, la démarche engagée par le Sgen-CFDT reste et restera pertinente, une démarche que l’on peut résumer en trois points :
Avancer des propositions, participer au débat public en y portant les aspirations des personnels qui nous font confiance, c’est ce que nous faisons en publiant le dossier « Métier enseignant » dans ce numéro de Profession Éducation et en répondant point par point au rapport Pochard.
Savoir dans le même temps être offensifs et maintenir la mobilisation des personnels contre un mauvais budget, c’est le sens de l’action innovante que nous mettrons en place autour de l’« Appel contre la casse du service public ».
Être un partenaire actif du dialogue social, c’est ce que nous avons fait en actant les avancées que nous avons obtenues dans le relevé de conclusions sur le samedi matin, c’est ce que nous faisons en pesant pour que les discussions autour du bac pro en trois ans débouchent sur une véritable expérimentation, c’est ce que nous avons fait dans l’enseignement supérieur en obtenant une nette amélioration du décret sur le recrutement...
Force de propositions, de mobilisations, à l’écoute des personnels et adepte du dialogue social, le Sgen-CFDT est prêt à regarder l’avenir. Cette vitalité, nous en aurons la preuve le 21 mars prochain puisque 300 jeunes militants du Sgen-CFDT participeront à un rassemblement à Paris. Un rendez-vous à ne pas manquer.
Thierry Cadart
le 17 février 2008